Compte-rendu de la réunion de synthèse sur la réorganisation de Seine aval et le réaménagement de la plaine d’Achères, le 11 décembre

 

La seconde réunion de synthèse s’est déroulée le 11 décembre en présence de soixante dix personnes. La réunion a principalement porté sur l’insertion du projet et l’aménagement de la plaine.

Le SIAAP a présenté sa vision de la refonte élaborée après l’analyse des projets des 3 groupements. Il a ainsi indiqué que les projets ayant la même genèse apportaient des résultats similaires : commencer la refonte par la reconstruction du prétraitement, « refondre » 70 % de la capacité par l’aménagement de l’existant. La principale différence entre les propositions : un groupement entend traiter 30 % des volumes complémentaires avec la même technologie, les deux autres souhaitent traiter ces volumes avec un procédé à membranes.

Par ailleurs, le SIAAP a présenté son programme et calendrier de réduction des nuisances olfactives. En 2008, de nouveaux réactifs seront utilisés. En 2011, un nouveau traitement des jus de retour des boues sera mis en place. En 2015, les bassins biologiques seront arrêtés. 2017 marquera la fin de l’usine actuelle des boues.

Enfin, le SIAAP a présenté les questions sur lesquelles il souhaite poursuivre un dialogue avec les acteurs du territoire : Quels aménagements ? Que faire des 300 hectares restitués ? Que faire des 350 hectares de la zone de transition paysagère ? Qui doit les entretenir ? Faut-il ouvrir ces espaces au public ? Faut-il enfouir la ligne THT ? Faut-il déplacer le port fluvial ? Faut-il des liaisons douces entre la forêt et le fleuve ? Quels accès et quelles dessertes routières ?

La réunion, d’une durée plus courte que les précédentes, a permis de soulever plusieurs points de débat.

Quel aménagement cohérent et concerté de la plaine ?

Plusieurs intervenants d’Achères, Saint-Germain-en-Laye, Conflans-Sainte-Honorine, ont évoqué les différents projets conçus sur la Plaine.

Il est apparu en cours de débat que plusieurs logiques apparemment contradictoires seront à combiner dans un projet d’ensemble cohérent. Ainsi, la plaine est considérée dans le SDRIF comme une zone à fort enjeu économique : avec la construction d’un nouveau port lié au canal Seine Nord et l’exploitation sur 100 hectares de granulats. Par ailleurs, la réflexion menée pour classer la forêt en forêt de protection conduirait à des évolutions foncières. Dans cette hypothèse certains acteurs ont souhaité recréer un lien forestier jusqu’à la Seine. Enfin des projets liés aux équipements du Paris Saint Germain sont envisagés sur ces territoires.

Il est ainsi apparu au cours de la réunion, que l’utilisation des 300 hectares libérés par la refonte devait se penser dans le cadre d’un « projet cohérent » sur l’ensemble de la plaine.

Des intervenants « de l’autre rive » ont souhaité que ce projet soit concerté avec eux. Ils refusent en effet de remplacer les nuisances de Seine Aval par les nuisances des carrières, présentés comme une potentialité du territoire par un représentant de la mairie d’Achères.

Quelles voies de circulations routières et douces ?

Les débats ont principalement porté sur les circulations routières et notamment les liaisons avec Maisons-Laffitte. Plusieurs intervenants ont fait remarquer qu’une nouvelle circulation routière en bordure de forêt était juridiquement impossible à cause de la règle des 50 mètres. Par ailleurs, la question des portes de Fromainville ont été une nouvelle fois évoquée : l’une des portes est fermée ; la circulation routière sur la seconde est volontairement limitée. Cependant, plusieurs intervenants ont souhaité le maintien des liaisons entre la RN 184 et Maisons-Laffitte.

Sur les circulations douces, plusieurs acteurs ont insisté sur la nécessité de prévoir des liaisons « perpendiculaires » entre la forêt et la Seine. La cohabitation entre différents modes de transports « doux » a été évoquée : délimiter des voies piétonnières, les voies pour VTT et les voies pour cyclistes routiers.

 

Quelle gestion des espaces et quel financement de leur dépollution et de leur entretien ?

Plusieurs intervenants ont évoqué la question du financement des projets sur la plaine.

Un intervenant s’est demandé dans quelles conditions les terrains avaient été acquis par la Ville de Paris au 19ème siècle. D’autres ont demandé qui financerait la dépollution des terrains : le SIAAP, la Ville de Paris, les « repreneurs ». Certains se sont demandé si les réaménagements ne seraient pas financés par l’exploitation des sous-sols.

Par ailleurs, selon un intervenant, le financement des terrains libérés par le SIAAP ou les 300 hectares de transition relève d’un accord entre la Région, les départements et les collectivités du territoire.

Quelle insertion dans le paysage des bâtiments ?

En réaction aux photomontages, plusieurs intervenants ont insisté sur un « camouflage » forestier des bâtiments du SIAAP. Ils ont insisté sur la nécessité de toits « végétalisés ».

Un architecte membre d’un groupement a considéré qu’il ne fallait pas camoufler les bâtiments, mais au contraire « positiver » l’image d’une activité consacrée à l’environnement. L’architecture retenue devant valoriser l’héritage et construire un devenir.

Cette intervention a suscité une réaction vive d’un élu considérant que la « valorisation architecturale » de l’usine relevait d’une plaisanterie de garçon de bain. Il est selon lui évident d’intégrer la station dans la forêt.

 

Quelles parts des traitements en biologique et en chimique ?

Un représentant du personnel du SIAAP a rappelé que son syndicat CGT souhaite que l’on privilégie le traitement biologique. Il s’est interrogé sur les parts respectives allouées au biologique et au chimique dans les projets des trois groupements.

Le représentant du SIAAP a indiqué que la réponse à cette question était très complexe. Un représentant de la CPDP a fait remarquer que les 4 mois de débat n’avait pas permis à des observateurs attentifs de mieux comprendre les choix à faire et les avantages et inconvénients de ces différents procédés.

Quel impact de la Station sur l’étang du Cora ?

Certains intervenants font remarquer que le niveau d’eau de l’étang du Cora baissait actuellement.

Le représentant de l’ONF a précisé que cet étang était alimenté en eau par la nappe phréatique. Or, selon certaines analyses, le niveau de la nappe aurait baissé depuis l’arrêt des irrigations effectuées par la SIAAP sur la plaine.

Il a été reconnu que ce phénomène mérite une étude à réaliser entre la SIAAP et l’ONF.

Quels risques pour Paris et l’Ile-de-France d’un accident ou d’un attentat à Seine Aval ?

Un intervenant est revenu sur sa question écrite. Elle portait sur les conséquences d’une panne « générale » de Seine Aval qui ferait suite à un accident sur le site ou à un attentat. Il a indiqué que la réponse obtenue ne lui semble pas suffisante.

Le SIAAP rappelle que l’usine n’est pas considérée comme un bâtiment stratégique. Il rappelle également que selon lui, le risque de panne est très limité puisque les bâtiments sont constitués de différents petits modules indépendants les uns des autres.

Le participant considère que cette réponse n’est pas suffisante et ne comprend pas pourquoi des études de risques ne sont pas réalisées.

Photos : Marie BELMONTE et Okan GERMIYAN

1 Réponse pour “Compte-rendu de la réunion de synthèse sur la réorganisation de Seine aval et le réaménagement de la plaine d’Achères, le 11 décembre”

  1. CPDP Seine Aval Dit :

    Commentaire adressé à la CPDP Seine aval par M. J.-M. PLATEAU, Vice-Président de l’Association des Amis des Forêts de Saint-Germain et de Marly :

    "Notre président, Pierre Renard, est intervenu lors de la réunion du 11 septembre à Conflans Ste-Honorine.

    Je me permets, vice-président, de compléter ci-après son intervention : Et si on faisait simple ?

    Rappelons son propos :

    • C’est 450 ha qui ont été consacrés au projet pour l’évacuation des eaux usées de la Ville de Paris. Ces hectares auraient du, non pas être vendus, mais concédés. J’ajouterais : ou affectés.

    • Pour une fois, la forêt de St-Germain pourrait bénéficier de la pratique de la " compensation".

    • Il est nécessaire d’anticiper sur l’obtention à venir du statut de forêt de protection quant il s’agit des projets d’aménagement sur le pourtour de la forêt.

    Que faire de ces 450 ha ou, si j’en crois M. Gérard Mary, des 300 ha restitués. ?

    M. Mary le souligne, ces 300 ha sont répartis entre 3 communes.

    Suivent d’autres questions, entre autres :

    - quelles liaisons entre Seine et forêt ?

    - qui peut entretenir un tel espace ?

    Mme Cros, première adjointe de St-Germain a qualifié la libération de 300 ha de chance inouïe.

    Nous sommes bien d’accord…Ce que notre association et nombre de ses adhérents ont exprimé en 2005 lors de l’enquête publique sur le projet de PLU de St-Germain. Nous approuvions notamment la création de la zone Nc et nous écrivions : " Il y a là une opportunité d’agrandir le massif forestier".

    Mme Cros ajoute que, certes, les terres ne sont pas tout à fait vierge, mais qu ‘elles permettent de rétablir la continuité entre forêt et Seine.

    Alors, prenons le pari de la simplification, et rendons l’intégralité à la forêt, au-delà de "près de la moitié des 150 ha concernant St-Germain".

    D’autres questions ? :

    Et pourquoi dépolluer avant ? Nous savons que les arbres ont quelque aptitude à fixer les métaux.

    Produire des biocarburants sur des zones agricoles ?

    Mais, même si le terme est forcément plus lointain, l’arbre n’est-il lui-même biocarburant ?

    Nous partageons là encore les réserves émises sur la "validité » de l’idée des biocarburants issus de cultures.

    J’assistais il y a trois semaines à un colloque organisé par la Fédération nationale des sociétés d’amis des forêts. Des représentants des propriétaires des forêts privés - 75 % des surfaces boisée en France – insistaient sur cet aspect : le bois assure aujourd’hui 4 % de la consommation énergétique. On peut encore améliorer tonnage et rentabilité.

    Mais ils abordaient un autre aspect sous-tendant une revendication à venir : L’obtention d’une subvention pour le rôle des forêts comme capteur de CO2.

    La forêt, une chance pour tous.

    Mais qui va financer ?

    Compte-t-on vraiment sur l’exploitation de graviers ?

    … et si l’on comptait sur les ressources provenant des ventes de bois. Sans parler, çà pourrait paraître cynique des plus-values qu’en tireront les habitats.

    Et si l’on faisait appel à l’A.E.V. ? Ce ne serait pas contraire à sa vocation, nous semble-t-il ?

    D’autant que cette agence dépend de la Région.

    Le SDRIF, qui a fait l’objet d’une enquête publique récente, évoque l’intérêt de couloirs de continuité écologique.

    L’un est orienté vers le nord-ouest de la forêt de St-Germain, l’autre est placé entre Herblay et Conflans.

    Et si la flèche, dans ce dernier cas, se prolongeait au-delà de la Seine, jusqu’à la forêt actuelle, …. par de la forêt ? Ce serait novateur.

    Et répondrait à une des deux conclusions d’une étude du CREDOC, réalisée en 94-99.

    Selon cette étude, la forêt de St-Germain arrive au 3ème rang des huit forêts préférées des Franciliens, et reçoit 3 millions de visiteurs / an.

    Globalement, en 30 ans, la fréquentation des forêts a cru de 60%, alors que les surfaces ouvertes au public ont cru de 40 %.

    Et l’une des conclusions , parmi les deux vœux des visiteurs, vous, moi, est le souhait d’une extension des grands domaines pour le patrimoine naturel.

    Et si nous saisissions notre chance ?"

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